| Création 2009 |
Théâtre de la Mauvaise Tête |
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créations, diffusion, animation... |
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Notes Dans tous ses textes, Philippe Malone met en question l’ordre du monde, ses formes de domination dans ce qu’elles ont, à la fois, de plus explicite et de plus dissimulé. Il ne réduit pas cette mise en question à une critique idéologique ou à une approche thématique. C’est par les formes d’écritures – dans le fonctionnement de la langue et dans l’espace du texte – que surgissent le récit, son sens, ses enjeux politiques. La page est un support où se déploient les dimensions de l’écriture, de son tracé. Septembres met en travail les frontières entre politique, récit, fiction, poésie et genre dramatique. Ce texte nous dit de façon émouvante combien le politique est tissé dans l’intime. Il nous contraint à interroger les modalités même de la représentation. Dans l’esprit d’une performance, le comédien et le compositeur-musicien nous font voyager, en direct dans l’espace et le temps du récit. Michel Simonot |
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Le texte continue l'exploration du chœur amorcé dans "L'entretien", en prenant cette fois-ci pour appui le monologue. "Septembres" se présente ainsi comme un long poème d'une seule phrase sans
"Septembres" est le récit d'un ou d'une poseuse de bombe. Le (ou la) récitant(e) conte l'histoire d'un enfant qui sort d'une ville bombardée pour monter sur une colline et assister au lever du soleil. Au sommet, il assistera à un nouveau bombardement de la ville. Peu à peu les éléments vont se mettre en place pour décrire les processus de déshumanisation successifs à l'œuvre chez l'enfant, processus qui l'amèneront adulte à prendre la décision de devenir kamikaze. L'histoire finalement n'est peut-être pas autre chose que le passage de l'enfance à l'âge adulte.
Il n’y a aucune référence directe ou explicite à un lieu pour situer le récit. Le chant poétique et le sujet de l'enfance coupent court à toute possibilité de réinterprétation afin d'éviter de lire le texte sous le prisme d'un seul conflit, mais au contraire dans le but de les embrasser tous. Le pluriel du titre, référence directe au 11 septembre, abonde en ce sens. Si les précautions d'éloignement, de lieu, de temps ou de sexe sont prises pour distancier le texte de la réalité de l’événement, les rapprochements avec des œuvres littéraires et poétiques n'en sont pas moins cruciaux car ils ont déterminé le choix du type de narration et la direction donnée au travail poétique d'écriture. Citons au moins Edmond Jabès dont la fougue poétique a puissamment nourri "Septembres" . L’histoire de l'enfant se mêle à celle de l’adulte pour alimenter le récit et en changer les points de vue.
Le poème a toujours fait partie du théâtre, sans doute en fut-il même à l'origine chez les grecs alors qu'il était chanté. C'est l'extraordinaire chance qu'offre la littérature dramatique, celle de pouvoir inclure en son sein tous les autres genres. "Septembres" commence donc avec le poème d'un autre, le Lied von Kindsein de Peter Handke (Le poème qui lui aussi débute "Les ailes du désir" de W. Wenders). A partir de là, le poème va s'étoffer peu à peu et semble s'enfler d'autres voix à la manière d'un chœur. Des voix qui sont autant de ruptures dans le texte, autant de points de vue différents. Le poème monologue débute à la troisième personne et se déroule en une journée, de l'obscurité avant l'aube à l'obscurité après le crépuscule. De l'orient à l'occident. Il relate la journée de l'enfant au présent, sur le ton de l'enfance avec des images de l'enfance. Puis d'autres descriptions viennent enrichir cette voix. Ces descriptions sont au passé et content la même histoire mais avec un recul adulte. Enfin l'enfant lui aussi parle et dialogue avec sa sœur dont on apprend peu à peu qu'elle a été tuée. Le poème se termine en mélangeant les trois temps, passé présent et avenir, ajoutant ainsi au choc des bombardements, au chaos lié à la perte d'humanité. L'enjeu du récit réside dans sa forme autant que le fond. Il faut prendre le temps d'aller doucement, de décrire lentement - le diable est dans les détails - et toute l'écriture repose sur le travail du rythme et du souffle, travail d'autant plus indispensable qu'il devra passer par la bouche de l'acteur. Car il n'y a qu'une seule phrase, et pas de ponctuation. C'est donc les mots eux mêmes qui servent de ponctuation. La rythmique se fait sur les mots, et non pas entre. Septembres est un chant dont la dimension musicale importe autant que le sens qu'elle véhicule ; un chant dont la musique pourrait être le sens.
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Notes pour la mise en scène de « Septembres » Dans Septembres, le parcours de l’enfant –de sa chambre, à la ville, à la montagne- se raconte dans celui de la langue, des phrases, des mots, des syllabes. Le récit s’inscrit dans les dilatations, resserrements, répétitions, fragmentations, phrasés, scansions d’un texte quasiment jamais interrompu par une ponctuation. Septembres est un mouvement. Comme on le dit pour un corps qui chemine, tendu vers son arrivée. Comme on le dit pour la musique, que ce soit un concerto classique ou bien du rock. Le sens de l’histoire que conte Septembres, l’émotion qu’elle provoque, surgissent de la combinaison entre la signification des vocables et la rythmique de la langue. Septembres est un texte politique. De l’intérieur d’une voix d’enfant -traversant sa chambre, sa ville, les ruines, la colline, les explosions- il nous fait comprendre sa transformation en kamikaze. A l’envers de toute démonstration, il nous introduit là où la raison se dissimule, s’absente au plus profond de soi, quand la pensée est conduite hors d’elle-même, et ainsi le corps reste seul, là, devant nous, à chercher sa voie, son issue. Septembres est un poème et un chant. Septembres est un texte physique. La voix et le corps ne font qu’un, pris ensemble dans le flux d’une respiration, d’un souffle toujours au seuil du souffle suivant, d’un mot au seuil du mot suivant. Le texte -dans les transformations de ses structures, des rythmiques, des vocables, de la syntaxe, des sonorités- tire implacablement la voix hors du corps, sans possibilité de retour, de regard en arrière, vers le haut de la colline, pour redescendre vers le choix final. Ainsi, par le récit, l’enfant est conduit vers les explosions et la langue vers une une sorte de concassage . L’acteur n’est, sur scène, ni l’enfant ni un conteur. Il est le corps vivant, devant nous, par lequel nous accédons à la langue de l’enfant et à son récit. Il n’y a pas d’incarnation de l’enfant mais de sa langue, de ses mots. Cette écriture de Septembres et son enjeu nous interdisent une représentation qui ne proposerait, à chaque spectacle, que sa répétition réglée. L’interprétation du texte appelle une mise en travail de sa logique : être toujours au seuil du souffle nécessaire au parcours d’un chemin, celui d’une langue qui se répète, se fragmente, s’étire, se contracte, se déroule, revient, repart. La représentation de Septembres sera conçue dans l’esprit d’une performance : le comédien et le compositeur-musicien maîtriseront en direct, ensemble, chaque soir, le déroulement, le flux des mots, des sons, telles les variations libres d’un musicien avec sa partition.
Le comédien se déplace sur un plateau nu. Il dispose à volonté d’une diffusion amplifiée de sa voix, d’un dispositif d’enregistrement instantané, d’une possibilité de diffusion différée ou simultanée du texte qu’il interprète. Michel Simonot
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Philippe Malone Philippe Malone a écrit ou collaboré à l'écriture d'une dizaine de textes. Plusieurs ont reçu l'Aide à la Création du ministère de la Culture (puis CNT), ainsi que le soutien du Centre National du Livre à deux reprises. Les textes ont tous fait l'objet de lectures, de mises en scène, en onde, ou sont publiés, en France, en Allemagne et en Pologne. Il a été aussi dramaturge sur "Les paradis aveugles" mis en scène par Gilles Dao et sur le spectacle "Blast", du Panta-Théâtre. Depuis 2000, il travaille en Lorraine avec le metteur en scène Laurent Vacher sur des projets intégrant des amateurs et des professionnels du spectacle. Philippe Malone est par ailleurs photographe. Textes publiés Morituri Blast Texte et dramaturgie Septembres Bourse de création du Centre National du Livre (2008) Les Paradis aveugles Zéro défaut Mise en espace par Laurent Vacher au Festival de la Mousson d’Eté, 1998 Textes courts Catin Ecrit pour le spectacle Les Confessions, mis en scène par Michel Didym et Véronique Bellegarde pour la Mousson d’été,1998 Articles Toute ressemblance avec des faits ayant réellement existé… – Article paru dans la revue Frictions, juillet 2003
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Michel Simonot Mises en scène Le faiseur d’éloges Texte de Michel Simonot. Teatro de Almada. Lisbonne. Portugal. 2009 Textes pour la scène et la radio Une fois 2007 - Création en 2007. Mise en scène de Philiip Boulay. Forum du Blanc-Mesnil. Dits d’eux 2003 Ni chair ni pierre 2002.
Chantier théâtral « de la parole au corps ». Valencia, Espagne. Chantier théâtral « Valère Novarina ». Madrid. Festival Madrid Sur. La Mousson d’Eté 1998 et 1999 : direction pédagogique. (Direction M. Didym)
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Jean-Marc Bourg
Daniel Mesguich Le Roi Lear – Shakespeare - 1981 / Platonov – Tchékhov - 1982 Metteur en scène : Paul Claudel : Jules ou l’homme aux deux cravates (1984) Et réalise deux spectacles pour l’enfance : Les cinq doigts de la main : textes de Jean Debernard (Index) - Emmanuel Darley (Auriculaire) - Laurent Gaudé (Annulaire) - Michaël Glück (Majeur) - Camille Laurens (Pouce) – 2000 |
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Franck Vigroux Compositeur, improvisateur, guitariste, directeur artistique, conducteur d’orchestre et vidéaste, il évolue dans un univers où se croisent rock, improvisation, électronique, « hörspiel », cinéma expérimental et musique contemporaine. Parmi les dates de concerts récentes et à venir : Le weekend festival, Stirling (Ecosse) le 27 mai 2008, Festival les Milles Ciel (Nancy) le 6 juin 2008, Jazz festival de Brescia (Tournée en Italie du 4 au 8 septembre), performance avec Catherine Epars le 27 septembre à Lausanne (Musée zoologique), Création à The Issue Project Room (Brooklyn, USA) le 9 novembre 2008, Festival Jazz d’Or de Strasbourg le 11 Novembre, Festival International de Jazz de Nevers le 12 novembre 2008 Festival Nueva conzonenca , le 13 novembre à Venise 2008, Festival Présence électronique de Radio France Paris, 13 mars 2009 « Guitariste électrique, platineur artistique et bidouilleur émérite, Franck Vigroux appartient à une race précieuse : celle des rêveurs efficaces. Ainsi a-t-il créé son label, D'autres cordes, pour diffuser en toute liberté une musique aussi magnifiquement inclassable que celle de « Triste Lilas », Le Nouvel Observateur. « musicians like Vigroux are on their to articulate a new way of creation” « D'autres cordes s'est ainsi imposé, en une poignée de publications, comme l'un des havres privilégiés d'une musique improvisée qui rejoindrait les musiques nouvelles par sa dimension volontiers onirique et narrative, créant une poésie sonore d'un type bien particulier », Mouvement. « Ce qui renforce d'autant l'efficacité de sa musique, tout en charivaris, chambardements et «cut-up» neuroleptiques, au point de faire de celle-ci l'une des plus excitantes qui se puissent entendre aujourd'hui.... », Libération. Serge Loupien www.myspace.com/franckvigroux , www.franckvigroux.com
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